LE DISTRICT AUTONOME D’ABIDJAN SOUHAITE UN BON MOIS D’AOUT A TOUS SES ADMINISTRES   ◊    L’HOTEL DU DISTRICT EST SITUE A L’INTERSECTION DU BOULEVARD DE LA RÉPUBLIQUE ET DE L’AVENUE DELAFOSSE   ◊   
DEPECHES

Société Côte d’Ivoire : 16 000 détenus dénombrés dans 34 prisons

:

Quelque 16 000 détenus ont été dénombrés dans les trente-quatre prisons ivoiriennes en juillet 2018, a indiqué lundi à Abidjan, François Patuel, chercheur à l´ONG internationale « Amnesty International» pour l´Afrique de l´Ouest.

« En Côte d´Ivoire, selon les statistiques, en juillet 2018, il y avait 16.000 détenus dans les 34 prisons ivoiriennes alors que la capacité des prisons dans le pays n´est que de 8600 détenus, soit un taux d´occupation de plus de 200%. Depuis 2014, nous avons recensé 152 décès en détention dans le pays », s´est choqué M. Patuel dénonçant une « surpopulation carcérale et des conditions de détention inhumaines ainsi que des actes de tortures ».

Il s´exprimait lors du lancement officiel du rapport de l´ONG Amnesty international sur la situation des droits de l´homme en Côte d´Ivoire en quatre ans ( 2014-2018). Le document intitulé « Rapport alternatif de Amnesty international » intervient en prélude à la troisième session de l´Examen périodique universel (EPU) au cours de laquelle la situation des droits de l´homme en Côte d´Ivoire sera examinée par les Nations unies en mai prochain.

« La situation des droits de l´homme reste fragile car la Côte d´Ivoire est restée hantée par de vieux démons comme l´impunité et les atteintes à la liberté d´expression», a fait savoir M. Patuel dans une conférence de présentation dudit rapport déplorant que depuis 2014, son organisation a recensé en Côte d´Ivoire, 17 cas de détention de journalistes et blogueurs.

« Nous notons des atteintes à la liberté d´expression. Les autorités ivoiriennes utilisent des dispositions vagues qui existent dans le droit ivoirien pour réprimer les opinions dissidentes. Le député Alain Lobognon a été arrêté mi-janvier pour un simple tweet qu´il a posté sur les réseaux sociaux. C´est une situation extrêmement grave dans la mesure où la Côte d´Ivoire se dirige vers une élection présidentielle en 2020 et il peut y avoir une crispation du jeu politique», a-t-il analysé.


Dans le même élan, Kokou Hervé Delmas, le directeur exécutif d´Amnesty international Côte d´Ivoire a fait savoir, à son tour que 44 recommandations ont été faites par son organisation à l´État de Côte d´Ivoire pour améliorer ce «rapport sombre» de la situation des droits de l´homme dans le pays.

«Tandis que l´élection présidentielle de 2020 se profile, les autorités ivoiriennes devraient prendre des mesures immédiates pour veiller à ce que chacun puisse exprimer librement ses opinions sans craindre d´être arrêté. Elles doivent respecter, protéger, promouvoir et réaliser les droits humains avant, pendant et après le scrutin», recommande entre autres, l´organisation.

Amnesty International est une ONG internationale qui se donne comme missions la défense des droits de l´homme dans le monde.

LB/ls/APA



12. Fev, 2019