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LUCARNE

M. Yao Kouadio, Directeur de l´Environnement et du Développement Durable

Interview

"Les cimetières ont une durée de vie"


District Infos: De quelle direction dépendent exactement les cimetières ?


 M. Yao : Les cimetières dépendent de la Direction de l’Environnement et du développement Durable et c’est sa sous direction de l’Action environnementale qui a en charge la gestion directe des cimetières. Elle a un service des pompes funèbres et un service des activités funéraires.


DI : Quelle est la différence entre les deux ?


M. YK : La différence entre les deux activités, c’est que les services extérieurs des pompes funèbres concernent tout ce qui est en rapport avec les transports, la décoration funèbre, la fourniture des cercueils. En fait, toute activité en rapport avec l’extérieur des funérailles. Les activités funéraires traitent tous les services qui entourent un défunt jusqu´à son inhumation : la conservation, le traitement du corps, l’entretien du corps, la sécurité, l’inhumation, l’exhumation etc.


DI : Combien de cimetières compte le District d’Abidjan et comment fonctionnent t-ils ?


M. YK : Le District Autonome d’Abidjan que couvre les 13 communes d’Abidjan dispose de 5 cimetières, 2 au sud d’Abidjan, Koumassi et Port Bouët ; 3 au nord d’Abidjan, Williamsville, Abobo et Yopougon. Ces cimetières sont gérés par des concierges et chaque concierge coordonne les activités de plusieurs entités : une équipe technique qui est chargée de s’assurer de l’entretien du cimetière, une équipe chargée des enterrements, une équipe administrative, qui enregistre le flux des corps. Il y a aussi une équipe composée de la Police Spéciale du District et de gardes municipaux qui est chargée de sécriser les cérémonies et les mouvements dans les cimetières. 


DI : Quel est le processus, quand survient un décès ?


M. YK : Il faut distinguer deux cas selon le lieu de décès, à l’hôpital ou au domicile. Le processus quand un décès survient à l’hôpital comprends 4 étapes. Etape1, à l’hôpital, il est remis un certificat de décès avec lequel vous allez dans la mairie de la commune où a eu lieu le décès. Etape 2, la commune. Vous délivre un permis d’inhumer.


C’est avec ce permis d’inhumer que vous vous rendez au District d’Abidjan. Etape 3, le District Autonome d’Abidjan, vous remet une quittance qui vous donne droit à une concession dans l’un des 5 cimetières.


Le second est celui d’un mort à domicile. Dans un tel cas il faut nécessairement l’intervention de la police ou de la gendarmerie pour délivrer un DE PAR LA LOI est un document que la police ou la gendarmerie délivre après avoir fait un constat et une enquête sur le décès. Il tient lieu de certificat de décès, dés lors la suite du processus devient la même que dans le précédant.


Il existe plusieurs types de concessions : le carré des indigents que personne ne réclame ; ensuite, le carré pour les familles n’ayant pas suffisamment de moyen. Elles payent juste la taxe de 15 000 FCFA. Dans ce genre de concession, les corps ne durent pas de façon indéterminée. Après une durée règlementaire de 3 ans, nous déterrons ces corps pour les mettre dans une fosse commune et réutiliser le terrain pour d’autres enterrements.


Ensuite vous avez les terrains concédés. Ils sont à la charge des familles pour une durée déterminée. Les taxes sont fixées selon la durée de la concession, afin de permettre à toutes les couches sociales d’en acquérir. Pour une durée de 15 ans, le coût est de 40 000 F ; 20 ans, 90 000 F et celui de 99 ans, 190 000 F. Tout ceci est géré par le service de la régie qui vous délivre une quittance après le paiement de la taxe d’inhumation ; alors, le concierge vous attribue votre espace et vous met en rapport avec les entreprises qui s’occupent de la réalisation de la sépulture.


DI : Les tarifs diffèrent-ils d’un cimetière à un autre ou sont-ils identiques ? 


M. YK : Les tarifs ne diffèrent pas selon les cimetières, seulement le cimetière de williamsville, toutes les concessions ont une durée de 99 ans, ce qui lui donne cette allure particulière.


DI : Nous avons appris que les cimetières de Koumassi et de Port Bouët n’étaient plus fonctionnels, qu’en est-il ?


M. YK : C’est exact parce qu’un cimetière a une durée de vie et arrivé à échéance, nous devons le fermer. Celui de Koumassi a été fermé en 2009, mais il va rouvrir parce que nous allons extirper les corps qui sont dans les terrains communs, les mettre dans une fosse et réutiliser l’espace. Il en est de même pour le cimetière de Port Bouët fermé en 2014. Il rouvrira en 2019. Il ne reste queles cimetières du Nord qui sont encore fonctionnels. Le District est en train d’acquérir un nouveau site pour faire un autre cimetière. Ce site est situé dans la commune de Yopougon et fait 98 hectares.


Ce sera un cimetière moderne, avec beaucoup de commodités dont un crématorium, au vu de la demande croissante à ce niveau. Car certaines communautés vont au Ghana pour la crémation et ramènent les cendres sur Abidjan. Nous allons mettre en place un dispositif de conservation, d’entretien de nos tombes qui nous permettra de mieux gérer cet espace.


DI : Qu’est ce qu’un crematorium ?


M. YK : Le crematorium est un traitement assez spécial de corps. Il y a plusieurs types de traitement d’un corps : l’enterrement direct dans la terre. Au bout d’un certain temps, le corps se décompose naturellement. Il y a la momification qui est un système de conservation du corps pour une très longue durée (des centaines d’années) et vous avez l’incinération, une méthode qui consiste à brûler un corps pour en recueillir les cendres qui tiennent à peine dans un bocal. Ainsi, vous conservez chez vous les restes de votre défunt. Donc, notre crematorium qui est un four va servir à brûler les corps pour rendre les cendres aux parents du défunt.


DI : De 5 nous sommes aujourd’hui à 3 cimetières, est-ce que vous arrivez à satisfaire les demandes ?


M. YK : Si le District dispose de 5 cimetières, ce n’est pas parce que nous avions besoin de tout cet espace pour enterrer les corps, mais pour faciliter le déplacement des populations vers ces sites, afin que les familles soient proches de leurs défunts. Donc le seul inconvénient de la fermeture de ces 2 cimetières d’Abidjan Sud, c’est ledéplacement des populations du Sud jusqu´à Abidjan Nord. En termes de trajet, c’est considérable. Et avant que l’espace actuellement utilisé soit totalement occupé, nous aurons aménagé notre nouveau site.


DI : Monsieur le Directeur que faites vous pour combattre les enterrements clandestins ?


M. YK : C’est une autre réalité. Vous avez par exemple le cimetière d’Abobo qui fait 56 hectares, qui n’est pas clôturé. C’est difficile d’empêcher quelqu’un d’y entrer clandestinement pour faire un enterrement. Donc, nous avons initié la clôture des cimetières en commençant par Yopougon et Williamsville. Quand nous aurons clôturé ces cimetières et que de l’extérieur, les gens n’y auront accès que par l’entrée principale, nous pourrons filtrer aisément les actions des individus. Il n’y a pas que dans les cimetières que les corps sont enterrés clandestinement. Nous avons déjà procédé à l’exhumation de corps dans les jardins publics, ce qui est déplorable.


DI : Que faites-vous des corps, lorsque la durée d’ensevelissement des corps vient à s’épuiser ?


M. YK : La concession est limitée dans le temps, mais cela peut aussi être renouvelé à la fin de contrat. Si malgré cela, au terme du délai, la concession n’est pas renouvelée, l’administration exhume le corps et cède la concession à d’autres demandeurs. Mais avant de poser un tel acte, nous faisons des communiqués dans des journaux, distribuons des prospectus aux personnes en visite au cimetière. La population s’accroït et les terres deviennent de plus en plus réduites, donc il faut créer de l’espace.


DI : Qu’en est-il de l’entretien des cimetières ? A qui revient la charge de le faire ?


M. YK : L’entretien du cimetière incombe au District. Nous faisons en sorte que les cimetières soient très propres, pour éviter les agressions dans ces lieux. Le hic, c’est celui d’Abobo où les problèmes sont récurrents à cause de son immensité et du fait qu’il ne soit pas clôturé.


DI : Pour revenir à votre direction, combien d’agents travaillent sous votre responsabilité ?


M. YK : Nous avons 198 agents et l’essentiel de notre effectif se trouve sur les cimetières. Il y a plusieurs équipes, une qui assure la sécurité, une qui creuse les fosses, une qui fait l’entretien du site, une équipe administrative. Tous les chefs de service sont concentrés ici et se déplacent sur le terrain.


DI : Votre mot de fin.


M. YK : J’encourage toutes les familles qui ont un corps dans les cimetières de passer une fois au moins dans l’année pour voir l’état des tombes. Nous garantissons la sécurité, mais nous n’entretenons pas les sépultures.


Cela incombe aux familles. J’exhorte les familles qui ont des sépultures échues à venir renouveler leurs droits de concession. Visiter un cimetière n’est pas quelque chose de dégradant. Le cimetière, c’est l’histoire d’une nation, d’un peuple des grands hommes qui ont fait l’histoire s’y trouvent. 


 


Interview realisée par Nathalie Konan


Avec la collaboration de Eric Ahoua