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LUCARNE

INTERVIEW / M. N’Zi Konan Jean-Thierry, Directeur des Transports et de la Mobilité urbaine


«  Les questions de congestion du trafic ne sont pas propres à Abidjan  »



Aux heures de pointe, le trafic dans la ville d’Abidjan devient un véritable casse-tête pour tout le monde. La circulation devient impossible, pour ne pas dire infernale. Dans cette interview, M. N’Zi Konan Jean-Thierry, le Directeur des Transports et de la Mobilité urbaine du District d’Abidjan, nous éclaire sur tous les contours de ce problème.


District Infos : Monsieur le Directeur, pourriez-vous présenter pour nos lecteurs votre direction? 


M. N’Zi Konan Jean-Thierry : Du point de vue organique, la Direction des Transports et de la Mobilité urbaine (DTMU) est hiérarchiquement rattachée à la Direction Générale des Services Techniques. La DTMU compte environs 45 agents auxquels il faut ajouter une soixantaine d’agents de la Police du District mis à notre disposition pour nous aider dans nos différentes missions. 


 


La DTMU compte à ce jour 3 sous directions qui sont la sous-direction des Transports terrestres chargée de la règlementation et des autorisations liées à l’exercice de l’activité des transports dans le District d’Abidjan ; la sous-direction de la Circulation urbaine ou Mobilité urbaine chargée des questions de mobilité et de fluidité du trafic sur l’ensemble du territoire du District d’Abidjan ; la sous-direction des Transports maritime, aérien et lagunaire chargée non seulement du développement de l’activité de transport par voie lagunaire mais aussi du suivi du reversement des taxes portuaires et aéroportuaires. A ces trois sous-directions, s’ajoute un département qui a en charge la publicité à support mobile. 


 


Du point de vue fonctionnel, la DTMU est une Direction qui participe à la gestion  des transports et de la mobilité sur l’ensemble du District Autonome d’Abidjan. Je dis bien participe, parce que la problématique des transports et déplacements urbains dans la ville d’Abidjan est telle qu’il y a plusieurs  structures étatiques et institutions décentralisées qui conjuguent au quotidien leurs efforts, afin de répondre aux attentes des Abidjanais en matière de transports. C’est dans ce cadre global d’actions conjuguées que la DTMU apporte sa contribution, tout en restant dans le cadre défini par les différentes règlementations et la ligne directrice donnée par Monsieur le Gouverneur.


 


Parallèlement à cette mission, la DTMU est aussi chargée de développer des actions afin de booster le recouvrement de tout ce qui est taxes et redevances directes et indirectes liées à l’activité des transports dans le District d’Abidjan. C’est pourquoi, vous allez souvent nous voir mener des actions qui pourraient s’apparenter à des actions de recouvrement, mais ceci s’effectue conformément aux différentes missions qui nous ont été assignées.


 


DI : Abidjan, à l’image de plusieurs autres grandes villes, subit les affres d´une sévère congestion. Que fait le District pour soulager les usagers?


 


M. N K J-T : Comme nous l’avons indiqué plus haut, plusieurs activités du District d’Abidjan en matière de fluidité du trafic s’inscrivent dans le cadre d’actions globales et concertées avec plusieurs autres structures. A cet effet, nous pouvons donc regrouper les différentes actions menées en deux grands groupes. Il s’agit, d’un, des actions menées avec l’appui de  la coopération décentralisée, donc avec un financement de bailleurs de fonds internationaux et, de deux, des actions à financement local, c’est-à-dire financées à partir du budget du District d’Abidjan.


De prime abord, ce qu’il faut noter, c’est que l’une des solutions permettant de résoudre durablement les problèmes de congestion sur nos voies est assurément les constructions d’infrastructures routières, d’ouvrage d’art et le développement de nouveau mode de transport.


Quand on parle d’infrastructures, de mode de transport  et  d’ouvrage d’art, il s’agit d’investissement de plusieurs centaines de milliards. Pour réaliser de tels investissements, le District d’Abidjan, et partant l’Etat de Côte d’Ivoire, fait appel à la coopération décentralisée et à des financements étrangers. C’est dans ce contexte  qu’il prend une part active aux différents projets de construction d’infrastructures et de réalisation d’ouvrages destinés à améliorer les déplacements dans une ville appelée à abriter envions 6 000 000 d’habitants à l’horizon 2030. Primo, nous pouvons citer pèle mêle, l’élaboration du Schéma directeur des transports de la ville d’Abidjan qui était intégré au schéma directeur d’urbanisme du grand Abidjan (SDUGA) élaboré avec la Coopération Japonaise. Ce schéma directeur validé en 2015 détermine et oriente les grands axes de développement des transports  dans la ville d’Abidjan pour les 15 voire 20 prochaines années, Le District d’Abidjan prend une part active, aux côtés de plusieurs autres structures étatiques, au Projet des transports urbains d’Abidjan (PTUA) financé par la BAD.


Au sein de ce projet, la commission en charge des actions menées en faveurs des populations est dirigée par le District d’Abidjan. L’un des investissements majeurs prévus par ce projet est la construction du 4e pont devant relier la commune de Yopougon à celle de Plateau en passant par un viaduc à Sebroko. Vous conviendrez avec moi qu’une telle infrastructure résoudra les problèmes récurrents de congestion sur la voie expresse reliant Yopougon à Adjamé et viendra soulager les usagers de cet axe. Ce projet prévoit aussi la réalisation d’un centre de gestion du trafic afin de gérer tous les déplacements dans le District d’Abidjan via un centre opérationnel. Le District d’Abidjan est aussi partie prenante au projet d’appui à la compétitivité du Grand Abidjan (PACOGA) qui se déroule sur financement de la Banque mondiale et qui prévoit entre autres, l’aménagement de 50 km de voies piétonnes et cyclables et l’optimisation du transport lagunaire.


Il y a aussi les études pour la mise en place de lignes de BRT dans le District d’Abidjan et le projet de train urbain dont la pose de la première pierre a eu lieu en novembre dernier.  La réalisation de la voie Y4 ou encore voie de contournement du District d’Abidjan. Tous ces projets et investissements financés par des bailleurs (la liste est non exhaustive) et dans lequel le District d’Abidjan est fortement impliqué contribueront à terme, à améliorer considérablement les déplacements des populations abidjanaises.


Secundo, à coté de toutes ces actions citées, le District d’Abidjan, par l’entremise de la DTMU, initie et conduit certaines actions visant toujours le même objectif :


 


-       Par  la signature de convention de concession avec des opérateurs privés, nous veillons à la libération, dans les meilleurs délais, des chaussées encombrées par les objets, marchandises, véhicules accidentés en panne ou immobilisés sur la voie publique ;


-       Il y a la mise en place, depuis quelques mois,  d’une Brigade dite de Circulation Urbaine (BCU) afin d’aider la Police Nationale dans la règlementation de la circulation et la gestion des stationnements.


 


-       le District d’Abidjan a déjà reçu les offres de deux opérateurs, dans le cadre de l’aménagement et l’installation de parking en hauteur, modulable et en structure métallique sur l’ensemble de son territoire. Ce projet suivant son cours, nous pensons qu’il verra le jour très bientôt. Nous mettons l’accent sur les offres de place de stationnement parce que le stationnement sur voirie est l’une des causes de congestion surtout dans les grands pôles administratifs et commerciaux comme les communes du Plateau, d’Adjamé, de Treichville et de Cocody.


-       Sans compter les nombreux dons en équipement fait par le Gouverneur du DAA visant à accroitre la mobilité des agents de la Police Nationale chargés du constat en cas d’accidents de la circulation sur la voie publique. 


DI : En dépit de vos efforts et de ceux déployés par le Gouvernement, la question persiste. Pourquoi selon vous ?


M. N K J-T : Ce qu’il faudrait savoir, c’est que les questions de congestion du trafic et de mobilité ne sont pas propres à la ville d’Abidjan. Cette même problématique des déplacements se pose aussi bien dans toutes les grandes capitales des pays en voie de développement que dans certains pays développés. Les mêmes problèmes qu’Abidjan vit aujourd’hui, certaines grandes capitales occidentales et asiatiques l’ont vécu, il y a quelques années. Le tout est de se doter de moyens et d’une volonté de nos dirigeants (comme c’est le cas actuellement), mais surtout de l’accompagnement et l’appui des populations elles-mêmes.


Pour ce qui concerne le District d’Abidjan, ce qu’il faut noter est que nous faisons face à une mobilité pendulaire, c’est-à-dire qui  s’effectue aux mêmes heures et dans un même sens. Les Abidjanais ont les mêmes heures de montée et de descente du boulot. Ce qui fait qu’à certaines plages horaires bien connues, nous avons des pics de congestions au niveau du trafic. On va donc constater qu’aux mêmes heures le trafic s’accroit dans le sens zone d’habitation (Yopougon, Abobo, Port Bouët, Koumassi et Cocody) vers les pôles commerciaux, économiques et administratifs (Treichville, Plateau, Adjamé et  Cocody).


 


Par ailleurs, l’étalement urbain de l’agglomération abidjanaise a fait évoluer les différents flux de mobilité et augmenter les distances domicile/travail des populations. L’une des solutions consisteraient donc à déconcentrer les activités et créer dans d’autres zones des pôles économiques, industriels et commerciaux.  Ce qui aura pour conséquence de réorienter une partie de ces migrations pendulaires vers ces nouveaux pôles de convergence.


Il y a aussi l’explosion démographique de la ville d’Abidjan ces dernières années qui n’a pas été toujours suivie de grands travaux de réalisation d’infrastructures routières, ce qui faisait qu’à un certain moment, le nombre de véhicules en circulation  au quotidien était supérieur à la capacité de nos infrastructures routières.


Un aspect non négligeable dans la question des déplacements à Abidjan est le facteur humain. Le comportement des usagers et l’indiscipline des conducteurs sur les routes. Au-delà de la répression qui est souvent  menée par nos forces de l’ordre, il convient de réfléchir à une véritable politique de formation, de sensibilisation et de rééducation de tous les conducteurs. Car il suffit qu’un conducteur fasse une mauvaise manœuvre pour faire freiner en cascade tous les véhicules à sa suite et propager ainsi un ralentissement du trafic sur une certaine longueur. Le bouchon se déplaçant à l’arrière comme une onde  par un effet de domino.  


DI : Les bouchons ont un impact négatif sur l´économie abidjanaise, c’est évident. A quelle hauteur pourriez-vous nous situer sur ce manque à gagner?


 


M. N K J-T : Le manque à gagner se situe à plusieurs niveaux :


 


-       La perte de compétitivité du District d’Abidjan. C’est justement pourquoi la Banque mondiale, à travers le Projet d’appui à la compétitivité du Grand Abidjan (PACOGA), nous aide en investissant dans la réalisation de certaines infrastructures routières.


-       La perte de la productivité non seulement à cause des retards des travailleurs, mais aussi en raison des livraisons tardives,  des approvisionnements ou des services rendus avec des retards importants voire annulés.


-       La baisse de la qualité de vie des usagers, car les conducteurs soumis à des embouteillages fréquents sont sujet à des problèmes de stress, d’anxiété et d’énervement entrainant un accroissement du risque d’accident.


-       La baisse du pouvoir d’achat des usagers car la congestion du trafic a des conséquences sur l’augmentation de la consommation du carburant.