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DEPECHES

Tabagisme: la jeunesse ivoirienne en ‘’mode’’ chicha dans les bars et restaurants

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Il ne se passe plus de soirées où les bars et restaurants huppés de la capitale économique ivoirienne ne soient pris d’assaut par des jeunes gens et jeunes filles pour se livrer à des parties de chicha, grande pipe à eau d’origine persane pour fumer le tabac.

 

Ils ont entre 20 et 30 ans d’âge. Filles comme garçons, ils ont en commun la passion de fumer la chicha. Ils écument bars et restaurants, confortablement, installés pour dégager des bouffées de chicha.

 

La chicha est un cocktail de substances nocives composé d’un réservoir d’eau dans lequel est immergé un tuyau au bout duquel on pose le tabac, le mélange de fruits et de substances ainsi que du charbon sur un morceau d’aluminium pour la combustion du tabac. Le réservoir est aussi relié à un tuyau utilisé par le fumeur pour aspirer la vapeur filtrée par l’eau.

 

Le coût de la consommation de la chicha varie d’un bar à un autre, allant de 2000 à 3000 FCFA en fonction du standing des lieux. En plein air ou dans l’enceinte des bars, les fumeurs ne gênent guère dès la tombée de la nuit (18h) pour prendre d’assaut ces espaces.

 

‘’C’est le moment idéal pour fumer la chicha’’, commente Rodrigue Abé (26 ans), consommateur, selon lui, depuis seulement six mois. ‘’ Avec la chicha, tu n’as pas d’odeur sur toi comme c’est le cas avec la cigarette ordinaire. Il y a différentes sortes de parfums (arômes) qui te donnent une excellente senteur’’, apprécie le jeune adepte.

 

A côté de lui, un couple s’adonne à cœur joie à la chicha dans ce restaurant sis à Adjamé, au Centre d’Abidjan. ‘’Mon petit ami m’a parlé de la chicha, j’ai essayé et j’ai apprécié. Depuis, chaque soir, nous fréquentons ce lieu où on peut laisser 10 à 20.000 FCFA de consommation’’, précise Nadège N’tapké (25 ans), étudiante.

 

Un commerce lucratif pour les vendeurs. ‘’Depuis que les jeunes Ivoiriens se sont mis à la chicha, plusieurs bars et restaurants ont développé ce commerce qui rapporte gros. Car les espaces ne désempilent pas. On commence de 18h jusqu’à minuit parfois au-delà’’, soutient Abdoul Mohamed, gérant d’un restaurant à Yopougon.

 

Pourtant, comme la cigarette, fumer la chicha présente de gros risques de santé tant pour les fumeurs que pour les non-fumeurs.

 

‘’Un non-fumeur présent dans le bar avec les fumeurs court les mêmes dangers car la chicha dégage de la fumée émanant du charbon, et les fumeurs expulsent des substances toxiques après avoir fumé leur bouffée’’, prévient Dr Josiane Kouassi, médecin à la Croix Bleue.

 

Selon la praticienne, la vapeur aspirée par les fumeurs contient outre l’eau aromatisée, ‘’la nicotine et des substances toxiques qu’on prend soin de ne pas mentionner sur les emballages’’. Pour Dr Michel Yao, psychologue, ‘’une bouffée de chicha est l’équivalent d’une tige de cigarette’’.

 

Les consommateurs de la chicha le savent-ils ? ‘’Moi, j’apprécie l’arôme surtout la fraise qui donne une bonne haleine’’, vante Danièle Coulibaly qui affirme ne pas ‘’se sourciller du reste’’. Ignorance.

 

Comme Danièle Coulibaly, beaucoup de fumeurs de chicha louent plutôt la ‘’bonne’’ senteur de la chicha que sa nocivité. Et pourtant le danger est bien réel. La Côte d’Ivoire enregistre plus de 5 000 décès annuels liés au tabac, selon les statistiques officielles.

 

Le gouvernement a adopté en octobre 2012 un décret portant interdiction de fumer dans les lieux publics et les transports en commun. Après la phase de sensibilisation, le ministère en charge de la santé a lancé en juin 2014, la phase de répression.

 

Une dizaine de bars, restaurants et autres espaces publics avaient reçu en son temps la visite inopinée de la police sanitaire brandissant des convocations aux espaces contrevenants.

 

Les contrevenants à cette mesure s’exposent à des sanctions pécuniaires allant «de 15 000 à 100 000 FCFA pour le fumeur» et de 50 000 à 250 000 FCFA pour les «propriétaires et/ou responsables des lieux publics et des transports en commun» avec une possibilité de «fermeture pure et simple de ces lieux» souligne le décret.

 

HS/ls/APA



13. Sept, 2017